Il a le teint de ceux qui passent l’hiver au soleil qui lui vient de ses origines italo-métis du Témiscamingue, le regard pénétrant, une tignasse noire de jais qui contraste avec la blancheur du sourire. Indéniablement beau gosse, éternel jeune homme, il affiche la dégaine du koboye urbain avec sa guitare en bandoulière et ses bottes western. Son répertoire lui ressemble ; il navigue entre les voyages de pêche de sa contrée sauvage et les émanations du bitume à l’angle de St-Thimothée et Ontario.
Mélodiste talentueux, on le connaît pour ses collaborations avec Isabelle Boulay (La Lune, J’ai mal à l’amour), Laurence Jalbert (Je m’ennuie de chez-nous) et Véronic Dicaire (La neige nue). Ses mélodies folk ont l’heur de plaire. À preuve, les prix qu’il remporte : le prix de la Chanson de l’année pour Je t’appelle au Concours Ma première Place des arts en 1997 dont il signe la musique, puis le prix Québec / Wallonie-Bruxelles deux ans plus tard.
Son album Minuit -5 est son cinquième depuis son installation à Montréal au début des années 90. « Quand je suis arrivé en ville, confie-t-il, j’allais me pratiquer dans le métro, car j’occupais un logement aux murs en carton. » C’est son premier contact avec le public, une réalité qui a contribué à garder intacte son authenticité. Il gravit les échelons un à un, écumant le métro, puis les petites salles, et enfin le circuit des grandes salles, du Spectrum au Théâtre du Cuivre de Rouyn. Il ira jusqu’en France où ses chansons séduisent un public friand de grands espaces et de folk nord-américain.
Mario Peluso sait aussi s’entourer. En témoignent ses collaborations fructueuses avec les paroliers Christian Mistral, Cébastien et, plus récemment, avec François Vigneault, fils de Gilles et frère de Guillaume. Dès ses débuts, il repère les professionnels qui sauront donner les couleurs justes à son répertoire ; feu Gaston Mandeville et Michel Pépin (qui a collaboré avec Jean Leloup) l’initient aux rudiments de la réalisation. Leur apport contribuera grandement à forger ce son unique qui évoque le bois, l’eau, le feu, la terre et la poussière où se consument les émotions des hommes.
Sur Minuit -5, Mario Peluso est entouré de talentueux musiciens, notamment le guitariste Francis Grandmont, qui contribue à camper avec ses cordes justes et vibrantes un univers musical alliant fraîcheur et simplicité. Un univers qui convient merveilleusement aux intonations fragiles de l’interprète et au séduisant dépouillement des textes. Ainsi, après Malgré Tout qui lance sa carrière sur disque en 1998, après Mario Peluso qui paraît en 2000, après Au café des écorchés sorti en 2002 et One beautiful day en 2004, Mario Peluso évite les écueils et livre un album patiné par l’expérience, où la profondeur se révèle en touches fines qui ont l’écho de la sincérité.
Cet album épuré se laisse découvrir avec délicatesse. Le bonheur de l’écoute se compare à des retrouvailles avec de vieux amis que l’on connaît et que l’on aime pour ce qu’ils sont, pour cet abandon sans artifices, qui caractérise les vraies tendresses et les fidèles attachements.
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