Magnolia

Pour l’artiste qui se profile derrière le pseudo de Magnolia, il ne saurait être question de rester confinée à une case précise. Mélanie Auclair est plutôt de ces fleurs qui développent de nouvelles tiges avec un naturel désarmant. Auteur-compositeure-interprète, multi-instrumentiste accomplie, improvisatrice douée, chanteuse inspirée ; cette girouette créative porte tous ces chapeaux avec une désinvolture derrière laquelle pointe subtilement un sens rigoureux de la discipline. De celui qu’on retrouve chez celles pour qui réussir n’est pas une fin mais plutôt une façon d’aller plus loin. N’allez pas sauter trop vite aux conclusions en imaginant y voir un début d’explication. Insaisissable, Mélanie fonctionne avant tout à l’intuition et préfère laisser son destin lui montrer la voie. Une non-stratégie qui lui réussit à merveille, si l’on se fie à la qualité de son parcours aussi iconoclaste qu’impressionnant.

À l’âge ingrat de 4 ans, Mélanie débute la pratique du violoncelle, prélude à de nombreuses années d’étude qui feront d’elle une musicienne accomplie sur cet instrument (et plusieurs autres…). Elle obtient par la suite son diplôme en chant classique au CEGEP de Drummondville. Armée de cette solide formation, elle effectue un premier virage à 180 degrés, s’éloignant des orchestres de chambre pour se rapprocher de la chanson, aux côtés de l’auteur-compositeur-interprète Christian Morisset. Inspirée par cette première expérience, elle se joint à la tournée de la chanteuse Chloé Ste-Marie en 2000 et développe, au fil de ces prestations, son formidable potentiel en tant que musicienne et chanteuse accompagnatrice.

Toujours habitée par un désir immanent de poursuivre plusieurs projets de front, Mélanie plonge du côté de la musique électronique en tant que co-fondatrice de la formation Mission 41-G et à titre de soliste invitée dans le groupe Freeworm. Au cours de cette même période, elle cultive également sa passion pour la musique actuelle en s’impliquant dans les productions de la troupe de danse contemporaine Implosion ou en créant les trames sonores de plusieurs pièces de théâtre. Question de mélanger les cartes encore davantage, elle donne aussi dans le blues aux côtés de Steve Hill en plus de faire un détour par la musique japonaise avec le groupe Haiku.

Comme parcours initiatique axé sur la polyvalence, il serait difficile de faire mieux.

De 2002 à 2004, Mélanie contribue par sa présence allumée à de nombreux spectacles d’artistes de renom tels que Michel Rivard, Robert Charlebois et Martin Léon. En parallèle à ces activités, elle poursuit son chemin en musique actuelle, participant à plusieurs concerts et signant son premier album Puce à l’oreille (2004) sur lequel figurent des invités de la trempe de Charles Papasoff, Johane Hétu, Bernard Falaise ou Guy Thouin.

Au cours de la même année, Mélanie entame une nouvelle expérience déterminante en se joignant à la tournée internationale de la chanteuse Lhasa de Sela. Sur la route durant plus de deux ans aux côtés de Lhasa, Mélanie voit tranquillement naître une envie spontanée d’écrire ses propres chansons. Au gré de ses voyages, un répertoire prend lentement forme entre les cordes d’un simple cavaquinho et les mots inspirés par les moments de réflexion propres à la vie de tournée. Magnolia fait ses premiers bourgeons.

De retour au pays à la fin 2006, Mélanie prend le temps de créer son deuxième album de musique actuelle, Décor Sonore. Cette nouvelle production qu’elle décrit elle-même comme « une rencontre entre la musique et les bruits qui colorent notre quotidien » est réalisée avec la collaboration de Jean-Sébastien Cyr, Antoine Berthiaume, Simon Meilleur Lori Freedman et Martin Léon.

Déjà présente sur une quinzaine d’albums enregistrés par des artistes variés, elle a notamment l’occasion d’ajouter son jeu de violoncelle sur l’album Neon Bible de la réputée formation Arcade Fire.

Mais on n’échappe pas si facilement à son destin. Magnolia et ses chansons folk-pop n’attendent que le signal pour se glisser sur un premier album. De retour en studio, elle accueille ses complices de tournée Rick Haworth, Mario Légaré, Justin Allard et Guido Del Fabbro venus l’appuyer dans cette opération. Au fil des sessions d’enregistrement, on voit éclore des petits bijoux de folk animés par la douceur d’un spleen qui évoque la langueur du Sud américain. Le printemps n’est pas encore arrivé que Magnolia est déjà en fleurs.

Pour en savoir plus 
http://www.magnoliamusique.com/

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