Le bonheur est parfois maladroit, c’est le titre d’une des plus belles chansons du dernier album de Catherine Durand (Coeurs migratoires). C’est aussi une phrase qui résume bien le spectacle que présentait la chanteuse au Lion d’Or mardi soir, spectacle qui y sera de nouveau présenté jeudi, avant de partir en tournée au Québec.

Photo: André Pichette, La Presse
On ne mettra évidemment pas au nombre de maladresses – ni des bonheurs… – les problèmes techniques : des micros quasi fermés pendant le duo Le bonheur est maladroit avec Guillaume Chartrain, un moniteur dont la pile tombe en panne (moment dont elle s’est bien tiré), des instruments qui parfois enterrent sa voix, des éclairages moins heureux lorsqu’ils étaient en mode mouvement ou projections… Ce sont des choses qui ont cours pendant un soir de première et qui se règlent.
Non, la maladresse de Catherine Durand, c’est d’insister sans s’en rendre compte sur son côté loser. Présenter ses chansons comme «tendres et douillettes», c’est bien; ajouter «je pense que vous ne finirez pas la soirée en dansant sur les tables», ça l’est moins. Intégrer deux, trois chansons qui ont tourné à la radio en 1998 et 2000 à son répertoire récent, c’est bien; faire des variations sur le thème «j’ai l’air de rien comme ça, mais j’ai déjà écrit des hits», ça l’est nettement moins. Je ne suis pas sûre non plus qu’un entracte soit une bonne idée: difficile de recréer l’atmosphère, parfois carrément envoûtante, de la première partie, pour faire une seconde partie allongée avec des «hits» que peu de spectateurs ont reconnus. Son univers musical subtil et délicat est peut-être fait pour être savouré à plus petites doses, faute de quoi il s’étiole, comme une fleur laissée trop longtemps sous les projecteurs…
Catherine Durand est une musicienne hors pair, qui crée des albums sans cesse plus raffinés. C’est à elle de miser sur cela et de l’assumer vraiment sur scène. Car son spectacle a beaucoup d’atouts, dont son talent d’auteure-compositeure, sa voix, son incroyable jeu de guitare et le fait que de jeunes musiciens aussi doués aient envie de jouer avec elle. Il ne reste au bonheur qu’à devenir adroit….
Catherine Durand en spectacle au Lion d’Or jeudi, 15 septembre, puis en tournée.
Marie-Christine Blais
La Presse
(extrait de Cyberpresse)