Chloé Sainte-Marie lance un album de chansons en langue innue.

Chloé Sainte-Marie lance un album de chansons en langue innue.

Chloé Sainte-Marie a mis les bouchées doubles depuis un an mais elle a de quoi savourer aujourd’hui la sortie de son nouvel album comprenant 16 chansons interprétées entièrement en langue innue.

Photo Marco Campanozzi

Photo Marco Campanozzi

 

Nitshisseniten e Tshissenitamin en innu, qui signifie Je sais que tu sais, est le fruit d’un travail de longue haleine que la chanteuse a mené avec l’auteur-compositeur et interprète Philippe McKenzie, de la réserve indienne de Maliotenam, située non loin de Sept-Iles.

Pour son quatrième album, Chloé Sainte-Marie, qui chante les mots des poètes, a avoué que la barre était haute.

«Oui, c’est ma plus grosse commande mais j’avais envie de faire cet album, pour apprendre et pour comprendre aussi», a confié la chanteuse.

 

«C’est Joséphine Bacon, une amie innue, qui m’a rappelé une promesse faite alors que je tournais La Postière en 1991, de chanter des oeuvres de Philippe McKenzie (qui signait alors la musique du film de Gilles Carle), le premier poète innu» a-t-elle raconté.

Après son troisième album Parle moi, sorti en 2005, le temps était arrivé pour elle de respecter cet engagement pris avec l’aide de la femme de McKenzie, Evelyne Sainte-Onge. Mais ce ne fut pas une sinécure.

«Ca n’a pas été facile, a reconnu l’interprète. Je suis très disciplinée, j’ai travaillé fort pendant un an pour apprendre la langue innue et maintenant, je commence à comprendre pas mal, a-t-elle dit en entrevue. J’ai adoré ça».

L’écoute est fort agréable et pour s’y retrouver, les paroles des chansons en français sont incluses dans le livret accompagnant le CD. Des mots qui collent, bien sûr, au vécu des autochtones.

«Je suis honorée de chanter du McKenzie, qui parle de la réalité de l’Indien dans la réserve, leur territoire, de l’amour de la terre à Maliotenam, endroit collé sur le fleuve. Il avait déjà chanté ses poèmes. Il a été le premier à le faire dans sa communauté. Et moi, j’avais le désir de le faire depuis longtemps», a-t-elle ajouté.

À la musique folk de McKenzie, s’ajoutent les arrangements musicaux de Réjean Bouchard, un vieux collaborateur, qui collent aux accents traditionnels innus.

Ayant de nombreux amis autochtones, la muse et amie de Gilles Carle connaît bien leurs conditions de vie, pas toujours roses.

«J’ai vu ce qui se passe dans leur territoire, j’ai appris à quel point que «sédentariser» des nomades, ça crée un désastre. Mon amie Evelyne m’a aussi appris le rêve des gens de sa communauté, leur culture, leur tradition, leur nourriture», d’ajouter la chanteuse.

L’album sera lancé mercredi soir prochain et un spectacle suivra à partir de février 2010.

Après Montréal et le Québec, Chloé Sainte-Marie transportera son spectacle en France, en Suisse et en Belgique, en 2010.

«J’aime la scène. J’en ai besoin. L’énergie que les gens me donnent est incroyable. J’adore ça. Le cinéma, oui j’ai bien aimé, mais la scène est quelque chose de plus gratifiant, plus puissant», dira la chanteuse qui travaille déjà sur un cinquième album.

Alain Martineau
La Presse Canadienne
Montréal

(extrait de Cyberpresse)


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