Rockin’ All Over: à fond la caisse!Nanette Workman.

Rockin’ All Over: à fond la caisse!Nanette Workman.

(Québec) Était-ce le public fatigué, un manque de communication chez Steve Hill ou alors la salle remplie de chaises et de tables? En fait, c’est peut-être toutes ces réponses à la fois qui ont laissé planer hier soir un vent de déception sur le spectacle Rockin’ All Over, présenté à l’Impérial pour le temps des Fêtes.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Le Soleil, Laetitia Deconinck

À la mi-parcours, Steve Hill a réclamé l’énergie du public, qu’il souhaitait voir danser, et une petite poignée de spectateurs s’est laissée aller. Mais quand il faut commander la danse, c’est souvent le signe d’un problème quelque part.

 

Évidemment, il y avait les tables… En plus, il y avait le son, vraiment beaucoup trop fort; si fort que ça créait la distorsion, si fort qu’on sera sourd encore ce matin, et si fort qu’on entendait à peine la voix de Nanette Workman, l’invitée de Steve Hill & The Majestiks. Or, quand on a une chanteuse comme Nanette pour faire honneur au rock’n'roll, on ne la laisse pas disparaître derrière un mur de son.

 

 

Affaire de charisme

 

C’est d’ailleurs elle que le public semblait avoir envie d’entendre surtout, mais elle ne chante que sept chansons sur 19…  Et pour faire lever le show, Nanette a quelque chose que Steve Hill n’a pas : le charisme. Et aussi une manière d’interagir avec le public. Le guitariste, lui, aussi doué, ou même surdoué soit-il, a tendance à se replier dans son plaisir de musicien, sans réussir à le partager vraiment.

 

Le spectacle offrait une perspective très vaste sur le rock, d’Elvis à AC/DC, en passant par ZZTop, les Rolling Stones et le Lady Marmelade de Nanette. Les interprétations étaient souvent plus musclées que les versions originales. Était-il nécessaire d’en mettre autant? Il me semble qu’un peu plus de subtilité aurait mieux servi les chansons.

 

Le meilleur moment de la soirée était certainement l’Hallelujah de Leonard Cohen que Nanette a interprété d’une manière très «bluesy». Ce fut la seule ballade de la soirée, car le reste du temps, Steve Hill et sa bande y sont allés à fond la caisse.

 

Dans les prochains jours, il sera certainement possible de mieux calibrer le son et de faire quel­ques ajustements, mais il n’est pas si évident que ce show-là s’intègre bien dans le concept d’un souper-spectacle… Cela dit, il a fallu du temps, mais le public a fini par embarquer. Rockin’ All Over sera présenté encore neuf fois d’ici au 31 décembre.

Valérie Lesage
Le Soleil

(extrait de Cyberpresse)


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