Bon départ pour le 24e festival Coup de coeur francophone. Ce premier week-end en chanson a donné lieu à de belles découvertes et à une consécration, celle de l’interprète française Zaz, de retour à Montréal après un premier passage remarqué aux FrancoFolies l’été dernier.
Lancé en grande pompe jeudi dernier avec Wop Pow Wow, hôte d’un sympathique spectacle au vénérable Lion d’or, le Coup de coeur a pris sa vitesse de croisière dès le lendemain, alors que Zaz a fait salle comble au Club Soda.
Zaz (Isabelle Geffroy pour sa maman) passe pour un bel anachronisme. À cause de sa voix – ce trémolo qui roule, le timbre doucement écorché -, elle ramène en 2010 la chanson du siècle dernier avec juste ce qu’il faut de pop variétés moderne (ses chansons composées par Raphaël) pour que sa proposition ne paraisse pas trop poussiéreuse. Tout de même, elle est à contre-courant, à l’envers des modes de la nouvelle chanson française avec son disque intemporel.
Or, nous pouvons confirmer que Zaz touche une corde sensible auprès des mélomanes d’ici. La chanteuse qui a connu un succès foudroyant en France (plus de 400 000 exemplaires écoulés de son album éponyme) avait encore à l’assurer de ce côté-ci de l’océan. D’où ce saut de puce au Québec, trois petits concerts avant de poursuivre sa tournée européenne. Les Montréalais ont répondu en grand nombre, et il nous est d’avis que ça donnera envie à Zaz de revenir bientôt.
Entourée de quatre musiciens, Zaz la gouailleuse devient très intime avec son public. Ses interventions sont naturelles et enjouées, elle nous tutoie même lorsqu’elle chante et qu’on chante avec elle ces chansons accrocheuses qu’on a appris à aimer depuis sa première scène aux Francos. Entre chanson, swing, pop-rock et couleurs tsiganes, la chanteuse s’est fait chez nous son propre bal de fin d’études: Zaz passe le test, le public est avec elle.
Philippe Renaud, collaboration spéciale
La Presse
(extrait de Cyberpresse)