Rockeurs de légende : inusables Stones (extrait du Parisien).

9 août 2012

Mick Jagger commence par faire son mea culpa. « A nos débuts, j’affirmais que je ne me voyais pas continuer longtemps. Je ne pouvais pas me tromper davantage », confie la star en préambule du magnifique livre qui sort aujourd’hui, « Rolling Stones : 50 ans de légende »*, où le groupe commente près de 700 photos sur 350 pages. Les pierres roulent toujours là, bien vivantes, après avoir démarré il y a pile cinquante ans.

 

 

C’est l’acte fondateur des Stones : le 12 juillet 1962, Mick Jagger, Keith Richards et Brian Jones, tous trois âgés de 19 à 20 ans, donnent un concert au Marquee, célèbre club de Londres. Des reprises de blues, cette musique de la communauté noire que les Stones défendent auprès d’un public de Blancs. Leur premier 45 tours, « Come on », un morceau de Chuck Berry, sort l’année suivante. Le deuxième sera une chanson que leur cèdent les Beatles, « I Wanna Be Your Man ». Mais les Stones n’ont vite plus besoin de personne pour affoler les hit-parades avec « (I Can’t Get No) Satisfaction » qui les propulse numéro un des ventes en 1965. Les concerts tournent à l’émeute. Les filles s’évanouissent. Quand Jagger et Richards sont condamnés pour possession de drogues en 1967, la jeunesse britannique se mobilise pour les faire libérer. Cette décennie de triomphe s’achèvera par un double drame : tout d’abord la disparition tragique de Brian Jones à l’âge de 27 ans, le 3 juillet 1969, puis la mort de quatre spectateurs lors d’un concert géant en Californie.

 

Sexe, drogue et rock’n’roll

 

Alors que les Beatles sont désormais séparés, les Rolling Stones s’autoproclament « le plus grand groupe du monde ». Et sortent en quelques mois deux chefs-d’œuvre : « Sticky Fingers » en 1971 et « Exile on Main Street » en 1972. Ce dernier a été enregistré à Villefranche-sur-Mer, en France, où les Britanniques se sont exilés pour échapper au fisc anglais. Leur quotidien est rythmé par des excès en tout genre, notamment ceux de Keith Richards, de plus en plus accro à l’héroïne. Le guitariste est même inculpé pour détention de drogue après une descente de police dans sa villa, qu’il a eu le temps de quitter. Il sera néanmoins interdit de séjour sur le territoire français, privant ainsi les fans de concerts dans l’Hexagone. Mais, au milieu du chaos, les Stones enchaînent alors les tubes, dont le slow « Angie » en 1973, « It’s Only Rock’n’Roll » en 1974 et « Miss You » en 1978.

 

Une affaire qui roule

 

« C’est juste du rock’n’roll, mais j’aime ça », chante le groupe dans « It’s Only Rock’n’roll ». Les Rolling Stones, c’est aussi une entreprise très rentable. Les années 1980-1990 sont celles des albums minuscules mais des concerts géants, qui font le plein de spectateurs et de billets verts. La dernière tournée, « A Bigger Bang », passée notamment par le Stade de France en juin 2006, a engrangé par exemple plus de 558 millions de dollars de recettes. De quoi donner envie au groupe de rempiler malgré les conflits. Jagger aurait moyennement apprécié la biographie de Keith Richards sortie l’an passé, où le guitariste lui reprochait d’avoir été anobli par la reine Elisabeth. Richards réclame toujours, contractuellement, de chanter seul deux chansons que le public écoute poliment. « Une nouvelle tournée? On en discute. Mais je ne suis pas sûr d’être prêt à m’embarquer dans un périple à travers les 100 plus grandes villes du monde », nous confiait Mick Jagger, au mois de septembre. De son côté, Ron Wood a affirmé, en avril, que les Stones préparaient leur 24e album en studio.

 

* « Rollings Stones : 50 ans de légende » par les Rolling Stones, Ed. Flammarion, 38 €.

 

Le Parisien

 

http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/rockeurs-de-legende-inusables-stones-12-07-2012-2087445.php

 

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